samedi 30 mai 2009

front

Front des étudiants de l’université de Dakar : cailloux et lacrymogènes s’affrontent

Lundi, 04 mai 2009. Il est 10 heures. L’avenue Cheikh Anta Diop de Dakar est barrée. les étudiants de l’université du même nom affrontent les G MI. Dans ce lieu, l’odeur des lacrymogènes lancés par les hommes de tenue piquent les yeux de quelques passants. Quant aux étudiants, ils ripostent par des jets de pierres. Dans cette guerre farouche, les étudiantes ont pour rôle de ramasser les cailloux qui traînent dans l’université pour les donner ensuite aux étudiants qui en ont besoin. Les étudiants sont déterminer à aller jusqu’au bout pour qu’on leur paye. Ces étudiants qui sont en majorité en première année dans les facultés de droit et de lettres soutiennent que depuis le début de l’année ils n’ont pas vue l’ombre d’un centime contrairement aux nouveaux bacheliers orientés en faculté des sciences qui sont passés à la caisse depuis belle lurette. Dans cette grève tous les moyens sont bons pour anéantir sont adversaire. Les G M I lancent aveuglement les lacrymogènes. Ils visent tout ce qui se trouve au sein de l’université. Même les étudiants qui sont sur le balcon du pavillon A ne sont pas épargnés. Ces derniers qui ne font pas parti de la grève d’ailleurs sont spécialement venus pour soutenir, encourager leurs camarades et naturellement pour huer leurs ennemis communs : les G M I.
Tout au long du couloir de la mort des ordures sont jetées par terre par les étudiants pour empècher aux véhicules d’entrer à l’université. Au service médical le nombre de blessés touchés par les lacrymogènes augmente de plus en plus. De temps en temps, un étudiant jette une grosse prière à l’endroit du camp adverse et se réfugie rapidement derrière le mur qui sert de clôture à l’université. « Espèces de poltrons, vous n’avez qu’à nous faire face si vous êtes des hommes » lance un G.M.I dépité. « Lancez vos lacrymogènes, l’odeur qu’ils dégagent est très bonne, mieux encore elle (odeur) est efficace contre le rhume. En ce moment les hommes de tenue sont devenus tellement énervés qu’ils lancent sans arrêt les lacrymogènes. Parallèlement aux ex « pavillons des mariés » situés à quelques encablures de la petite porte de l’université, les pensionnaires qui sont uniquement des filles commencent à sortir de leur chambre pour fuir l’odeur des lacrymogènes qui les étouffaient finalement. L’une d’entre elles a été attrapée par les G.M.I qui se trouvait non loin des lieux. Ce dernier n’a pas hésité à la frapper prétextant qu’elle avait aidé les garçons dans « la collecte de cailloux ». Après avoir reçu des coups bien portés, la jeune fille, pieds nus, court dans tous les sens en pleurant amèrement. Une vingtaine d’étudiants apparemment fatigués se reposent sous un arbre à coté des ex « pavillons des mariés ». Pour supporter les lacrymogènes, ils brûlent des tas de pneus tout autour d’eux. Interrogés sur la tenue de ce front, les étudiants m’ont vertement avertie. « « Si tu es venue pour espionner mademoiselle, là tu es mal barrée » me lance l’un d’eux cailloux à la main droite et cigarette à la main gauche. « Non je suis une étudiante du CESTI et je suis uniquement venue m’enquérir de la situation. Mais vous n’êtes pas obligés de coopérer si vous ne le sentez pas », répliquais-je d’un ton tremblant. En ce moment je ne pouvais plus me tenir sur mes jambes. La chaleur du feu, ce soleil de plomb, l’odeur des lacrymogènes me fait mal. « Alors prouve nous que tu es bien une étudiante du CESTI ! », m’exige l’un d’eux. Après avoir bien vérifié mon laisser passer, l’étudiant le plus proche de moi soutient d’un ton ferme « nous sommes fatigués. Nous n’avons plus de quoi nous payer nos tickets. Les nouveaux bacheliers qui sont orientés en science sont passés à la caisse depuis longtemps, tandis que nous, nous sommes là à vivre la période des vaches maigres. Pourquoi deux poids deux mesures ? ». Un de ses camarades, le plus furieux d’ailleurs ajoute « maintenant, nous n’avons plus rien à perdre. Tant qu’ils ne nous payent pas ça sera ainsi ».
En tout cas la colère se lisait sur les visages de ces grévistes et leur message est clair : tant qu’ils ne perçoivent pas leur bourses, « le pire reste à venir »


Faty Ibra Dieng.

ambulants

La crise financière, l’une des causes du boom de marchands ambulants à l’avenue Ponti

Grâce à la mondialisation de la crise financière, on assiste au Sénégal à l’augmentation massive du nombre de marchands ambulants dans la capitale sénégalaise. Tôt le matin, des jeunes venus pour la majorité de la banlieue dakaroise ou des quartiers populaires sillonnent le centre ville. Parmi les coins fréquentés désormais par les marchands ambulants, il y a l’avenue George Pompidou ex william Ponti. Celle-ci est finalement devenue un lieu qui accueille de nombreux jeunes à la recherche d’une vie meilleure.

Il est 14 heures pile. Une chaleur accablante règne à l’avenue George Pompidou plus connue sous le nom de William Ponti. Cette avenue qui se trouve en plein centre ville de la capitale sénégalaise est assaillie ces temps ci par les marchands ambulants. Ces jeunes venus pour la plus part des quartiers populaires de la capitale y font désormais leurs petits commerces. Sacs aux dos, casquettes sur les têtes, C D piratés, parfums, cartes de recharge, autocollants, foulards de têtes, lunettes de soleil, nappes de tables entre les mains, ils abordent les piétons et les véhiculés. Ces gens qui n’ont pourtant pas appris le marketing excellent bien dans ce domaine et savent comment aborder et convaincre les clients. « Madame ce foulard est à vous, je vous le donne à un bon prix 1000 franc seulement et en plus la couleur rose fait sortir votre noirceur d’ébène » me lance un homme d’une trentaine d’années. Courte de taille, teint noir, l’homme en question était sur le point de mettre sa marchandise sur mon sac entrouvert, une façon de me forcer son foulard rose clair. » « Non merci répondis-je en traversant le talus pour aller à l’allée gauche de l’avenue qui était beaucoup plus animée. Mais pourquoi l’avenue William Ponti est subitement devenue un « marché » pour ambulants ? « La crise financière est passée par là », me répondit Pape Kane, marchand ambulant de son état. Teint clair, un peu élancé et 25 ans environ, le résident de « Keur Massar » (un quartier de la banlieue dakaroise) soutient « avant cette crise financière, j’allais en Gambie et au Mali acheter des marchandises divers tels que les savons et les tissus que je plaçais par la suite auprès des commerçants revendeurs. Grâce aux bénéfices récoltés, j’arrivais convenablement à subvenir à mes besoins et à ceux de ma famille. Mais maintenant je suis obligé de parcourir les artères de la ville pour vendre des chaussettes qui d’ailleurs ne rapportent quasiment rien ». Un autre homme d’une vingtaine d’année à peine court derrière une 4 x 4 de couleur marron, deux pairs de lunettes entre les mains mais hélas la voiture ne s’est pas arrêtée. Désespéré il s’arrête un instant pour reprendre le souffle. Interpellé sur les faits, le jeune homme affirme : « je me bats comme vous le voyez de toutes mes forces pour vendre. Je persiste et signe c’est la crise financière qui est à l’origine de mes malheur parce que avant c’était mon frère qui vit actuellement au Portugal qui était en charge de la famille mais maintenant, il n’envoie plus de l’argent alors mes frère et moi sommes obligés de travailler pour aider les parents et c’est dur, dur, dur les gens n’achètent plus grand-chose parce qu’ils n’ont plus d’argent ou peut être qu’ils économisent le peu qu’ils leur restent. Son voisin d’à coté abonde dans le même sens. La trentaine bien sonnée polygame et père de quatre bouts de bois de Dieu a du mal à s’en sortir depuis que la poissonnerie dans laquelle elle travaillé a fermé ses porte. Désespéré et très déçu l’homme affirme : « j’ai perdu mon emploi à cause de crise financière. Etant chef de famille, je suis obligé de trouver la dépense quotidienne grâce à ce commerce qui franchement ne rapporte pas beaucoup ».
En tout cas l’avenue William Ponti est devenue avec cette pléthore d’ambulants un « marché ». Pape Kane, Sidi, Manuel entre autres assaille cette avenue chaque jour que Dieu fait cette avenue à la recherche de dépense quotidienne et ils continueront à l’assaillir tant que cette crise financière dure car ils croient dur comme fer que cette crise est à « l’origine de tous leurs malheurs ».